13 juin 2009

extrem feedback device


Comment sensibiliser l'équipe au bonnes pratiques de l'intégration continue ?

Le contexte :
  • un bon gros projet (50 personnes * 16 mois),
  • un approche "V" pas du tout agile (déjà plus d'un an de conception dans les pattes), ce qui n'interdit pas d'emprunter aux méthodes modernes quelques bonnes pratiques,
  • une équipe hétéroclite, avec de nombreux "juniors", regroupés dans 5 équipes par couche technique - sensées collaborer ;) - et des buils Hudson FAILED à tour de bras.
Actuellement, certains ont bien pris possession du concept d'intégration continue et suive régulièrement l'état d'Hudson. D'autres par contre semblent peu s'en préocuper et sont dans un esprit "chacun sa m..", ce qui se traduit par des commits qui cassent le projet sans que personne ne réagisse.

Les piqures de rappel n'ayant pas données de résultats très convaincants, surtout que je suis loin d'être un bon exemple, je voulais expérimenter une approche plus ludique : le feedback visuel

"Extreme feedback device" : trois lampes qui illuminent le couloir pour indiquer l'état du build - difficile de passer à côté et de faire l'indifférent. Un truc comme ça :


La commande se fait depuis le PC via le port parallèle - je sais, les PC modernes n'on plus cette relique du IBM PC, mais ici on a pas encore reçu les nouveaux core i7 triple channel, on doit se contenter ne nos Lenovo un peu asfixiés par Eclipse :)

Le port parallèle, programmé au plus bas niveau, a l'intérêt bien connu des bidouilleurs de se comporter comme un "octet exposé au reste du monde". Ses 8 pins sont contrôlables en 0V / 5V en fonction du byte inscrit sur ce port. Il est donc facile de piloter jusqu'à 8 lampes en y envoyant de 0 à 255.

1er soucis
Le "plus bas niveau" est un peu compliqué sous Windows ou le port parallèle est masqué par l'abstraction matérielle. Il existe cependant des drivers bidouille qui corrigent le tir, ainsi qu'un soft qui assure l'accès exclusif à ce port (sans quoi ça merde de temps en temps).
- le soft qui va bien pour écrire byte par byte sur le port parallèle en Java
- le soft qui va bien pour un accès exclusif sous windows

Un premier "proof of concept" pour allumer une led rouge (en ce moment c'est la couleur dominante) et mettre au point le côté logiciel, basique mais fonctionnel. L'occasion aussi d'amuser la galerie et de préparer l'équipe pour la suite.


Une fois cette formalité remplie et les premier regards amusés des collègues, on sort le fer à souder. Liste de courses :
  • un vieux cable d'imprimante "centronics" (comme quoi faut jamais rien jeter)
  • quelques composants électroniques (~20€)
  • trois ralonges (pour pouvoir placer les lampes à qq mètres de mon bureau),
  • une boîte tupperware pour mettre tout ça à l'abris - c'est tout de même du 220v, faut pas déconner.
Le montage n'a rien de bien compliqué, mais comme mes cours d'électronique sont un peu loin je me suis reposé sur ce plan. Si vous comptez allimenter un transfo ou un moteur (typiquement un gyrophare 12v) faites gaffe, ce n'est pas exactement le même schéma.

2ème soucis
Ce premier essai est un bide : rien ne marche. J'ai d'abord cru avoir grillé les optocoupleurs (c'est tout de même du 220V, on hésite à venir y mettre ses doigts). En fait le montage que j'ai voulu utiliser suppose que la prise parallèle débite suffisement de jus ... ce qui était loin d'être le cas au cous de mes essais. Il faut donc ajouter un "étage" suiveur de tension - ressortez vos cours d'électronique sur les transistors ! Dans ma boîte à bricoles j'ai retrouvé tout plein de ces bidules à trois pattes, l'occasion de (re)découvrir à quoi ça sert.

Après un test sur plaque d'essai (attention au 220V :-/) implantation sur circuit imprimé et mise en boîte.

3ème soucis
On branche et ... les plombs sautent. Après une bonne heure à tester chaque module sans trouver de problème, je décide de couper le circuit en deux sous les opto-coupleurs, de manière à avoir une isolation totale entre 220 et 9V - et ça marche. Comme quoi ma plaque d'essai ne devait pas être au top question isolation.

Je vous passe les 4ème, 5ème et 6ème soucis (la LED qui s'allume pas, un fil de masse qui se déssoude ...)

Pour les "signaux visuels" vous pouvez ressortir ces blocs-spots octogonaux en plastique qu'on a tous achetés un jour pour animer une boum - ça peut vous faire un joli feu de signalisation. Moi, j'ai fait une petite folie :
  • trois tubes néons de couleur bleu/jaune/rouge (19€ chez alinea)
  • un gyrophare rouge pour venir épauler le tube rouge (16€)

et voilà le résultat en action :
Le "Laser Saber Extreme Feedback Devive (TM)"

Pas de photo ? Ben non, j'ai oublié mon appareil, revenez en fin de semaine ...

Effet étonnant : le jour de l'installation, 12 builds bleus alors qu'on plafonnait péniblement à un ou deux par jours au meilleur de notre forme. Pourvu que ça dure !

Autre option pour ce type de montage, utiliser un circuit programmable, comme par exemple celui-ci qui intègre sur quelques cm² un serveur HTTP avec sa prise ethernet. Mais là, ça devient presque de l'industrialisation. Le côté bricolage facilite le succès du bidule auprès de l'équipe ;)

2 commentaires:

sylvek a dit…

pour les pas-bricoleurs mais les geek.. y'a la même chose sur nabaztag :)

http://wiki.hudson-ci.org/display/HUDSON/Nabaztag+Plugin

nicolas deloof a dit…

Le côté bricolage participe énormément à l'acceptation de l'engin par l'équipe. Une solution basée sur une Net-PowerCtrl par exemple ferait trop "propre".

La moitié de l'équipe n'a pas pu résister à la curiosité d'ouvrir la boîte pour admirer le circuit maison ;) - malgré la tête de mort 220V