11 octobre 2012

Community Keynote

La dernière journée commence par la « community keynote », qui malgré les événements de la veille fait salle comble, et quelle salle ! L’ouverture est consacrée à une légitime autocongratulation des organisateurs, il faut avouer que préparer tout ceci doit les occuper quelques heures… Nos chauffeurs de sales connaissent leur affaire et s’offrent dont une ola (l’interminable salle s’y prêtant très bien) après quelques bonnes blagues, dont une sur ces bandeaux accolés aux badges JavaOne, et catégorisant votre place dans la communauté. Sharat Chander ("JavaOne Community Chairperson", i.e. organisateur de JavaOne) porte ainsi plus une cravate qu’un badge, avec une bonne douzaine de ces bandeaux !


Suit un panel de discussion sur le rôle de Java dans l’industrie, avec le témoignage de représentants d’Eucalyptus, Cloudera et Twitter. Sans grand intérêt, on y apprend que Java c’est génial, que c’est l’avenir, et que la communauté y’a que ça de vrai. Le représentant de Twitter est quasiment le seul à souligner qu’il fait partie de ceux qui aimerait voir la plateforme avancer plus vite, tout en assurant qu’une release régulière tout les 2 ans c’est déjà nettement mieux que les 4 années de misère qui ont séparé java5 et 6.

On a ensuite une présentation des travaux d'AMD pour apporter à Java le support des GPU, d'abord via une API spécifique, puis à termes directement dans le JDK avec l'aide des lambda et du traitement parallèle dans les collections. A suivre...

L'interminable salle de la keynote, prise ... du milieu (la flemme d'aller jusqu'au bout)

On enchaine avec une présentation de l’initiative du London-Jug concernant la participation de la communauté au JCP. Sur un ton plus décallé que ce qui a précédé, le discours reste tout de même assez bisounoursien, bien que l’idée de voir un JUG prendre en charge une JSR (programme « Adopt a JSR ») puis devenir membre exécutif du JCP est assez étonnante, et montre tout de même une évolution intéressante vers plus d’ouverture. Je reste cependant assez sceptique par rapport à un processus très lourd et à un manque évident de « culture opensource ». Une idée intéressante a été soulevé lors du panel précédent (comme quoi, il y avait tout de même du contenu) était d’exposer les spécification en cours d’élaboration sur github, comme le parlement allemand vient de le faire pour ses textes législatifs, afin de favoriser les commentaires et contributions de la communauté.

Suit une présentation d’un robot sensé être un truc avant-gardiste piloté en Java. La bestiole avance au pas et fait demi-tour devant le présentateur qui peine à nous convaincre qu’il est impressionné, avant de s’approcher du bord de la scène et de « bugger » à faire des demi-tours en série sans savoir se dépêtrer de cet obstacle. Je pense que la même chose peut être faite en mieux avec des légo Mindstrom, et surtout que pendant ce temps là Google obtient l’autorisation de circulation pour sa GoogleCar… Si c’est ça « make the futur java », on est pas rendu. Comble du ridicule, ils nous présentent alors un "capteur de pensée" qui est sensé détecter les ondes cervicales via un capteur sur le front et "lire" la volonté du pilote pour diriger le robot. Evidement ça ne donne rien, super démo les gars.



Après de nombreux effet de scène, blagues longuement préparées et questions lues sur les fiches, on a (enfin) un rebondissement pas complètement téléphoné avec l’arrivée de James Golsing qui vient présenter ses petits bateaux qui vont sur l’eau. Ont-ils des jambes ? non, des ailes, pour « nager » alimenté par le mouvement des vagues. Rien de très nouveau poru ceux qui ont déjà eu écho de ce projet, juste une démo de l’interface graphique permettant de suivre la position des robots sur un globe terrestre, envoyant au passage une pique à html5 sur la faisabilité de cette interface avec un technologie non client-lourd, basées sur des arguments complètement bidon (la réduction du nombre de points à tracer en fonction de l’échelle).

James Gosling, toujours autant de succès devant les Java-fanboys : stand-up dans la salle


On conclut avec la présentation du nouveau Mr JavaOne, Stephen Chin , qui prend le relais de Sharat Chander après des années de bons et loyaux services, et qui va comencer en sillonnant l’europe sur sa moto avant Devoxx pour interviewer quelques figures de la communauté.
Pour ce qui me concerne, la fatigue commençant à bien se faire sentir, je n’ai pas le courage de suivre les sessions de la fin de matinée, et je préfère donc rejoindre tranquillement l’aéroport pour un voyage de « seulement » 24h : il est 20h en France et je devrais arriver @home à peut prêt à cette même heure … demain.



JavaOne est une conférence étonnante, impressionnante par sa dimension, déroutante par sa logistique (3 hôtels, des salles un peu partout), incontournable pour les entreprises du secteur (l’exhibition floor n’a pas désemplis avec de très nombreuses annonces), et une expérience mémorable pour ce qui me concerne. Je lui préfère néanmoins Devoxx dont la taille est plus « humaine » pour un contenu et des rock-stars finalement équivalentes. Disons que JavaOne est à la hauteur de la démesure américaine qu’on peu en attendre, sachant que d’après les habitués ce auquel j’ai assisté n’est qu’un pâle reflet des « grands » JavaOne d’il y a quelques années.



Quoi qu’il en soit, si vous avez l’opportunité de vous rendre à JavaOne 2013 je ne peux que vous le recommander, ne serait-ce que pour visiter la fameuse silicon-valley, mais aussi pour voir ce que l’écosystème Java représente dans notre industrie, et à quoi peut ressembler une conférence qui touche un écosystème aussi large que le notre.